Aller au contenu principal
IA embarquée · bêta

Jarvis, l'IA embarquée de KiloDelta pour les feux de forêt

Jarvis lit le terrain avant que le feu y arrive.

Sur une simulation, il repère les endroits où une équipe se retrouverait en danger au passage du front, et il dit pourquoi : une cheminée, un versant sous le vent, des flammes trop hautes pour une attaque directe. Il tourne dans le téléphone, sans réseau. Cette page raconte comment il fonctionne, d'où il apprend, et ce qu'il ne sait pas faire.

Aucune donnée envoyée pour analyser Calcul sur le téléphone Relu par ceux qui l'utilisent
T+0 h● Simulation
Le rôle exact

Un second regard, pas un chef d'agrès.

Quand tu prépares une intervention, tu regardes la carte, le vent, l'heure. Tu te demandes où le feu va passer et où tu n'engageras pas d'équipe. Jarvis pose la même question, à toutes les mailles de la zone menacée, et remonte ce qui mérite qu'on s'y arrête.

Ce qu'il fait

  • Il part de la simulation affichée, les mêmes trajectoires que les isochrones, jusqu'à T+6.
  • Il découpe la zone parcourue en secteurs, puis resserre là où ça chauffe, jusqu'à une maille de 90 × 65 m.
  • Pour chaque zone, il répond à trois questions : le niveau de danger quand le feu arrive, la raison principale, et si une attaque directe reste tenable.
  • Il affiche sa confiance. Tu peux valider d'un geste, ou corriger.

Ce qu'il ne fait pas

  • Il ne décide de rien. Le commandant des opérations reste seul juge.
  • Il ne voit pas ce que la carte ignore : un layon débroussaillé la semaine dernière, une piste coupée par un éboulement, un engin en panne.
  • Il n'envoie pas la simulation sur un serveur pour réfléchir. Seul ton avis part, et seulement si tu le donnes.
  • Il ne remplace pas une reconnaissance.
Une analyse, pas à pas

Moins d'une minute entre le bouton et la carte.

Propagation simulée jusqu’à T+6
modéré élevé très élevé extrême
01

La simulation d'abord

Jarvis ne refait pas de calcul de propagation : il reprend celui de KiloDelta. Pour chaque maille atteinte avant T+6, il connaît l'heure d'arrivée du front, sa vitesse et sa direction.

Avec la charge de combustible, on en tire l'intensité de Byram, puis la hauteur de flamme. C'est la donnée qui compte le plus pour savoir si une lance tient ou non.

02

Le relief et la végétation

Chaque maille est décrite par une vingtaine de valeurs : pente, orientation, position dans le versant, talweg ou crête, distance au col le plus proche, encaissement, essence et hauteur de la végétation, pistes DFCI et impasses.

On y ajoute le vent au moment où le feu arrive et la façon dont il attaque la pente : par le bas, de travers ou en descendant.

MNT 30 mBD Forêt V2pistes DFCIvent WindNinja
03

Trois passes

Un premier repérage sur une quarantaine de secteurs donne une idée d'ensemble. Les secteurs à risque sont ensuite redécoupés en sous-zones d'environ 150 m qui suivent le relief. Enfin, les plus graves sont jugés maille par maille.

Les résultats s'affichent pendant le calcul : la carte se remplit sous tes yeux.

04

Une réponse qu'on lit en deux secondes

Une couleur pour le niveau, un pictogramme pour la raison, une phrase courte quand on touche la zone : « couloir encaissé, feu éruptif possible », « versant sous le vent »… et la confiance du modèle.

C'est là que tu interviens : tu es d'accord, ou tu corriges.

Le modèle

Un petit modèle qui classe, pas un chatbot.

Jarvis s'appuie sur Laya, un encodeur multilingue compact, que j'ai ré-entraîné pour ces trois questions et rien d'autre. Il ne rédige pas de texte et n'invente pas de réponse : il choisit parmi des options fixes et donne une probabilité pour chacune. Aux mêmes données, il répond toujours la même chose.

0Mo
Une fois compressé en 8 bits. Téléchargé une seule fois, puis tout se fait hors ligne.
0s
Par question, sur un Android de milieu de gamme (mesure faite sur un Honor, 4 fils de calcul).
0jetons
Le vocabulaire d'origine compte 256 000 fragments de mots. Je n'ai gardé que ceux dont les fiches de Jarvis ont besoin.
0questions
Niveau de danger sur 5 échelons, raison principale parmi 9, attaque directe oui ou non.

Le modèle tourne avec ONNX Runtime directement sur l'appareil. Il demande Android 8 ou iOS 16 au minimum, un processeur 64 bits et 4 Go de mémoire. À chaque démarrage, un court test compare ses réponses à celles obtenues à l'entraînement. Si l'écart est trop grand, Jarvis refuse de s'ouvrir.

L'entraînement

D'où vient ce qu'il sait.

Il n'existe pas de milliers de retours d'expérience cartographiés maille par maille. Je suis donc parti de ce qui existe : la recherche publiée sur le comportement du feu, et beaucoup de feux simulés.

Des données publiques

Modèle numérique de terrain à 30 m, BD Forêt V2 de l'IGN, réseau de pistes DFCI. Le tout ramené à une grille d'environ 90 × 65 m, le même fichier que celui qui descend dans l'application.

Des milliers de feux simulés

Pour chaque département, un millier de départs tirés au hasard dans la végétation, et quelques centaines placés exprès près des configurations rares : cheminées, impasses DFCI, endroits signalés par les utilisateurs. Météo tirée au sort, de la brise au mistral. Le moteur est celui de l'application, à l'identique.

Des règles tirées des études

Chaque maille reçoit une réponse de référence calculée à partir de seuils publiés. J'ai gardé des transitions progressives plutôt qu'une coupure nette à un chiffre, parce que le terrain ne fonctionne pas par paliers.

Byram 1959 · Andrews & Rothermel 1982 (1,2 / 2,4 / 3,4 m de flammes) · Viegas 2004-2006 (feux éruptifs en talweg) · Sharples et al. 2012 (propagation latérale sous le vent) · Page & Butler 2018 (pente et feu montant) · Butler 2014 · Guide de doctrine FFEN 2021

Un modèle pour toute la France

L'entraînement tourne sur mon ordinateur, pas sur les serveurs de KiloDelta, en quelques heures par version. Les départements s'ajoutent un par un : la Corse et l'arc méditerranéen d'abord, puis l'arrière-pays. À chaque fois, c'est le même modèle national qui apprend.

Une porte de qualité

Chaque nouvelle version est comparée à celle en service, sur les mêmes cas de test. Si elle sous-estime plus souvent un danger grave, ou si elle annonce une attaque directe possible sous plus de 3,4 m de flammes, elle reste au garage. Même si elle fait mieux partout ailleurs.

Signé avant d'être diffusé

Le modèle et chaque relief départemental sont signés numériquement. L'application refuse tout fichier dont la signature ne correspond pas, y compris s'il vient du serveur de KiloDelta lui-même.

En ce moment

Les chiffres de la version en service.

Ces valeurs sont lues directement dans les outils de publication et se mettent à jour à chaque nouvelle version. Je ne les arrondis pas à mon avantage.

13 2A 2B 84
4 départements couverts Bouches-du-Rhône · Corse-du-Sud · Haute-Corse · Vaucluse
Version en service
2026.10.07
Publiée le 07/10/2026 · 150 Mo
Sur les cas de test de la porte de qualité
Niveau de danger exact96,3 %
Raison principale exacte95,2 %
Danger grave annoncé faible0,00 %
« Danger grave annoncé faible » : un danger réel très élevé ou extrême que le modèle aurait classé modéré ou moins. C'est l'erreur qu'on surveille le plus.
Avis du terrain
0
Les premiers retours de la bêta arrivent.
La boucle

C'est le terrain qui le fait progresser.

Au départ, Jarvis reproduit ce que disent les études. C'est déjà utile, mais un livre ne connaît pas le vallon derrière la ferme ni le versant où le mistral tourne toujours. C'est pour ça que chaque zone affichée peut recevoir un avis : d'accord, ou pas d'accord avec un autre niveau, une autre raison, un commentaire.

Ces avis servent deux fois. Ils deviennent des exemples d'entraînement, avec plus de poids qu'un cas simulé, sans pouvoir noyer les règles. Et au passage suivant, je relance des simulations autour des endroits discutés, pour que le modèle voie ce terrain sous d'autres vents.

Ce qui est enregistréLa fiche de la zone telle que Jarvis l'a vue, sa réponse, ton avis, ton compte et ta structure.
Ce qui ne l'est pasTa position et la simulation complète. Rien ne part sans un geste de ta part.
Sans détour

Ce qu'il faut garder en tête.

Un relief à 30 m

Le modèle de terrain lisse ce qui est plus petit que 60 à 90 m. Un couloir très étroit peut lui échapper. Le LiDAR de l'IGN fera mieux ; il viendra ensuite.

Il hérite de la simulation

Un vent mal saisi ou une végétation mal connue donne une propagation fausse, et donc des zones fausses. Jarvis n'a pas d'autre source d'information sur le feu.

Il apprend d'abord des règles

Tant que les avis de terrain sont peu nombreux, il reproduit surtout la littérature. Il ne la dépassera que si ceux qui l'utilisent prennent le temps de le corriger.

Une couverture qui s'étend

Les départements sont ajoutés un par un. Hors zone couverte, Jarvis le dit plutôt que de répondre au hasard.

Pourquoi ne pas utiliser un grand modèle en ligne ?

Parce qu'en feu de forêt, le réseau manque souvent là où on en a besoin, et qu'un modèle qui génère du texte peut affirmer une chose fausse avec aplomb. Un petit modèle qui classe, embarqué et vérifiable, colle mieux au besoin.

Qui peut l'utiliser ?

Pendant la bêta, j'ouvre l'accès structure par structure : un SDIS, une association, un service. Une fois ta structure ouverte, chacun de ses utilisateurs peut s'en servir et donner son avis, quel que soit son grade. Il faut aussi un téléphone assez récent : l'application vérifie la mémoire, le système et l'espace libre avant de proposer le téléchargement.

Est-ce que mes simulations servent à l'entraîner ?

Non. Seuls les avis que tu choisis de donner remontent, avec la fiche de la zone concernée. Tes simulations restent sur ton téléphone.

Et si Jarvis se trompe ?

Dis-le-lui, depuis la zone concernée. C'est exactement ce qui sert à la version suivante. Et garde en tête qu'il ne se substitue ni à la reconnaissance ni au commandement.

Envie de l'essayer sur ton secteur ?

J'ouvre la bêta par structure : demande l'accès pour ton SDIS ou ton service, et tous ses utilisateurs pourront le confronter au terrain et me dire où il se trompe. C'est comme ça qu'il devient fiable.