La version 1.22 est la plus importante depuis longtemps. Pour la première fois, KiloDelta ne se contente pas d'afficher une situation : il propose une lecture tactique, ancrée dans la doctrine opérationnelle des feux de forêt. Le tout reste un appui à la réflexion : la décision, elle, ne quitte jamais le chef d'agrès.
Une aide à la décision, pas un oracle
Au cœur de la 1.22, une nouveauté : J.A.R.V.I.S., un assistant d'aide à la décision qui apparaît dans le rail latéral de la carte, sous les traits d'un logo animé. Son rôle : lire la situation que vous avez sous les yeux et en tirer une proposition au niveau manœuvre.
Concrètement, à partir d'une simulation de propagation, l'assistant reçoit un « paquet de situation » compact : la géométrie du front et ses flancs, la largeur du feu, les pentes, la végétation dominante, la météo, les points d'eau et les pistes DFCI mobilisables à proximité. Il en déduit un dispositif : où porter l'effort, sur quels flancs, en s'appuyant sur quelles pistes, avec quels moyens dimensionnés et un plan dans le temps.
Ce qui distingue cette IA d'un assistant généraliste, c'est son ancrage. Elle ne raisonne pas « dans le vide » : ses réponses s'appuient sur le Guide de Doctrine Opérationnelle feux de forêt), consultée à la volée. Autrement dit, quand elle recommande une manœuvre, c'est en cohérence avec la doctrine, pas avec une intuition statistique. Plusieurs garde-fous limitent le risque d'« hallucination » : l'assistant travaille sur des données déjà calculées et bornées, et ses propositions sont reconstruites à partir de points candidats vérifiables, pas inventées.
Côté technique, pour celles et ceux que ça intéresse, l'assistant s'appuie sur un agent en dialogue avec cette base documentaire, avec un modèle dimensionné pour la fiabilité plutôt que pour l'effet de manche, un mécanisme de repli en cas d'indisponibilité, et un analyseur robuste qui sait faire le tri dans une réponse bavarde pour n'en garder que le briefing utile. Tout cela tourne sur ma propre infrastructure.
Deux principes non négociables, écrits noir sur blanc :
- L'humain décide. L'IA est un appui à la réflexion. Elle éclaire, propose, met en perspective elle ne commande pas. La responsabilité opérationnelle reste entière et du côté du chef d'agrès.
- Un déploiement prudent. La fonction arrive en bêta, sur accès réservé, et reste désactivée en mission réelle le temps de cette phase. Je préfère la mûrir avec des utilisateurs volontaires avant de l'ouvrir. L'accès se demande depuis l'écran Contact de l'application. Je le précise dès maintenant, cette couche IA ne sera pas gratuite car chaque requête à un cout.
Cet ancrage doctrinal et cette prudence ne sont pas des détails : ils sont la condition pour qu'un outil d'IA ait sa place, un jour, au plus près de la décision opérationnelle.
Les messages radio qui s'écrivent tout seuls
Deuxième grande nouveauté, très concrète celle-là. Sur l'accueil du mode mission, trois messages radio normalisés — Transit, Ambiance et Compte rendu se pré-remplissent automatiquement à partir du calcul de mission.
Vous n'avez plus à reconstituer de tête votre position, la météo ou l'environnement : l'application injecte votre carroyage DFCI, vos coordonnées, la météo, le point d'eau le plus proche, la végétation, la surface menacée à T+6, les points sensibles atteints dans l'heure. Le tout est mis en forme en phrases claires, suivant la trame JE SUIS / JE VOIS / JE FAIS / JE DEMANDE. Il ne reste qu'à lire un gain de temps et de justesse au moment où chaque seconde compte.
Une seule recherche, trois façons de chercher
La recherche a été unifiée sur l'ensemble des cartes de l'application. Un même champ, trois modes au choix : Adresse, Piste ou code DFCI. La recherche d'adresse et de lieu-dit s'appuie désormais sur notre propre moteur géographique, sans dépendance à un service tiers : une brique de plus vers l'autonomie complète de l'outil.
L'IFM se lit d'un coup d'œil
L'indice forêt-météo gagne en lisibilité : ses sous-indices s'affichent en couleur, et chaque tuile se retourne pour révéler l'échelle correspondante. On situe instantanément une valeur dans son niveau de danger, sans avoir à mémoriser les seuils.
La carte des pistes DFCI, ouverte à tous
Côté web, la version accompagne l'ouverture d'une carte publique des pistes DFCI sur le site : fond cartographique au choix, pistes catégorisées selon la doctrine (1re, 2e, 3e et hors catégorie), carroyage DFCI en option, et le détail complet de chaque tronçon d'un simple clic. À cette occasion, la couverture a été étendue : au-delà de l'arc méditerranéen, les pistes de la région Centre-Val de Loire rejoignent la base de quoi doubler, à terme, le nombre de tronçons disponibles.
Plus rapide, plus stable
Enfin, un travail de fond, moins visible mais essentiel : le calcul de mission a été allégé et parallélisé le repérage aérien en particulier avec une barre de progression fidèle. Résultat : des temps de calcul sensiblement réduits et moins de blocages sur les grands feux. Cette version embarque aussi une série de corrections.
KiloDelta reste gratuit pour tous les sapeurs-pompiers et pleinement fonctionnel hors-ligne sur le terrain. La 1.22 est disponible sur l'App Store et Google Play.